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THE GLOBE AND MAIL Le jeudi 7 novembre 2002
Un homme emprisonné aux États-Unis après avoir acheté de l’essence de l’autre côté de la frontière
Michel Jalbert a passé près d'un mois en prison, dans un endroit où les gens s'expriment dans une langue qu'il ne connaît pas.
Pendant 15 ans, le résident de Pohenegamook, au Québec, se rendait régulièrement à une station-service située 15 mètres à l'intérieur du territoire américain afin de faire le plein, tout comme le font d'ailleurs plusieurs résidents canadiens habitant à proximité de cette ville frontalière. Mais, cette fois-ci, on a procédé à son arrestation. Les avocats invoquent les lois et les règlements, mais ils ne comprend pas ce que cela signifie.
« J'ai vraiment de la difficulté à comprendre ce que vous dites », répète à plusieurs reprises M. Jalbert dans une prison de Bangor, au Maine. « Je n'ai rien fait de mal », reprend cet homme déprimé.
On prévoit qu'il demandera sa mise en liberté sous caution lors d'une audience la semaine prochaine, mais il est probable que si on lui accorde sa liberté, il sera tenu de demeurer au Maine, loin de son épouse enceinte et de sa fille âgée de cinq ans. Son procès ne sera pas entendu avant janvier 2003.
Le 11 octobre, M. Jalbert a rempli le réservoir d'essence de son véhicule à la station-service Ouellet, située 15 mètres à l'intérieur du territoire américain. La station-service se trouve près du poste frontalier canadien, toutefois la station de douanes américaines est à un kilomètre du poste frontalier. Plusieurs résidents locaux achètent leur essence à la station-service Ouellet sans en faire part aux douanes américaines.
Les inspecteurs des douanes américaines ont toujours toléré cette pratique. Mais M. Jalbert a tout de même été arrêté. L'agent de la patrouille frontalière américaine a mis la main sur un casier judiciaire vieux de 13 ans où il est indiqué que M. Jalbert s'est procuré des biens volés et a cassé des fenêtres. Il a été condamné à une amende de 200 $ pour ce méfait.
Le procureur adjoint américain, Mike Love, mentionne que la tolérance des fonctionnaires des douanes quant aux passages courants de la frontière n'est pas pertinente parce que le casier judiciaire de M. Jalbert lui enlève le droit d'entrer aux États-Unis.
Le débat des avocats s'acharne sur M. Jalbert. Pour les résidents de Pohenegamook, qui mobilisent des fonds pour sa défense, il est l'équivalent moderne de Jean Valjean, le protagoniste du livre Les Misérables jeté en prison pour avoir volé un pain.
Et M. Jalbert, qui passe la majeure partie de ses journées à faire des mots croisés dans sa cellule semble vraiment misérable, fondant parfois en larmes. « Les choses ne vont pas très bien. Je suis très déprimé », mentionne-t-il. « Je me sens vraiment malade. Je souffre d'accès d'anxiété et je prends des antidépresseurs depuis dix ans. De plus, je ne peux parler un seul mot d'anglais et les gens ici sont tous des anglophones », ajoute-t-il. (Traduction libre)
*Cet article a été résumé.
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